Français (Fr)English (United Kingdom)
Tools
Search
Login

Objets de collection

E-mail Print PDF
There are no translations available.

Petit carnet de bal en nacre blanche et laiton doré, auteur anonyme

La bourgeoisie du XIXe siècle raffole des bals organisés en ville. Une occasion de se divertir en bonne compagnie dans un cadre souvent luxueux. Riches toilettes, bijoux précieux et accessoires raffinés étaient de mise. Parmi ceux-ci l'indispensable carnet de bal.

Celui-ci permettait de noter les rendez-vous pris par les jeunes filles avec leurs cavaliers comme cet exemple le prouve. Réalisés dans des matières précieuses ils sont au début du XIXe siècle souvent faits de nacre et de bronze ou laiton doré. Cet exemple a été réalisé dans le cadre du Palais Royal vers 1810-1820 qui concentre alors à Paris les plus importantes boutiques d'objets précieux pour une clientèle fortunée. Le soin apporté à sa réalisation est notable : frise végétale et florale gravée sur le plat de la nacre, stylet sur la tranche.

Il contient dans une petite pochette à l'intérieur une mèche de cheveux qui n'a sans doute jamais été donnée par la belle à son cavalier. Un faux pas de danse ? On ne le saura jamais...





Catalogue n°3 de boutons, Dumas-Troisoeufs, Le Mesnil-Théribus (Oise), 1850-1950, carton, feutrine, nacre blanche, nacre grise, palourde, bugau, goldfish, troca, métal, émail, strass et bois

Ce catalogue fait partie d'une série de huit ouvrages. Il illustre toute la diversité des matières, formes et tailles de boutons que les industriels pouvaient proposer à leur clientèle.

Chaque page se compose d'un tableau accueillant dans chaque case un modèle de bouton encarté avec son numéro de référence. Tous ces boutons catalogués ne datent pas de la même époque et ont pu être réalisés sur plusieurs générations. Le catalogue n°3 regroupe quinze planches sur lesquelles on coud jusqu'à 96 boutons différents.

Ainsi, en additionnant les boutons encartés dans chacun des catalogues, on estime la collection Dumas-Troisoeufs à près 7 000 modèles différents. Voilà qui laissait le choix pour trouver le meilleur bouton pour sa toilette !




Coupe-papier, Guérault-Lemarinier, Andeville (Oise), première moitié du XXe siècle, nacre blanche

Ce coupe-papier est issu de l'entreprise Guérault-Lemarinier d'Andeville, petit village situé à quelques kilomètres de Méru.

Fabriquant des boutons allant du plus sommaire au plus travaillé, gravé ou ajouré, elle fournissait également d'autres objets en nacre tel ce coupe-papier sculpté de poissons et feuillages. Il était très certainement destiné à l'une de ces petites boutiques des bords de mer au début du XXe siècle dont la région de Méru achalandait les vitrines. Ce coupe-papier a été façonné à partir d'une seule et unique plaque de nacre. Sa dimension de près de 22 cm en fait donc un objet exceptionnel. La nacre pouvait s'avérer très tranchante, joignant ainsi l'utile à l'agréable.




Jumelles de théâtre, auteur anonyme, XXe siècle, métal et nacre blanche

L'opéra et le théâtre sont au XIXe siècle des lieux incontournables pour la bonne société. On s'y presse pour voir les nouvelles œuvres des plus grands auteurs et compositeurs. Mais on s'y rend surtout pour voir et être vu ! Accessoire indispensable à la toilette : les jumelles. Elles sont réalisées en métal en série et petit format pour être facilement glissées dans une bourse ou un sac. Destinées à une clientèle recherchant le luxe pour ses objets, elles s'enrichissent de matières nobles. La nacre devient la matière favorite des jumeliers qui réalisent ces objets. Mais la forme cylindrique ne facilite pas le travail. Il faut débiter la matière en petite plaques qui sont collées ensuite les unes aux autres. Certaines présentaient également des manches télescopiques. Avec cela impossible de manquer les détails de la scène !




Bouton en forme de papillon, Henri HAMM (1871-1961), vers 1914-1920, corne brune, signé « H. Hamm »

Travaillant pour les maisons de haute couture de son temps (Doucet, Worth ou Premet), le tabletier Henri Hamm a participé à la modernisation du bouton au début du XXe siècle. L'artiste d'avant-garde, d'origine bordelaise, n'est en effet pas mobilisé pour la Grande Guerre. Il se livre alors à un extraordinaire travail de conception de modèles de boutons. Près de 350 naissent de sa prolixe imagination. De l'accessoire utilitaire, Hamm en fait un véritable bijou d'apparat. Grand, coloré, réalisé dans des matières précieuses (nacre, bois, corne) ou nouvelles (galalithe), le bouton d'Henri Hamm suit aussi les tendances du temps. Ainsi ce papillon n'est pas sans rappeler les motifs de l'Art Nouveau qui était alors en vogue et dans lequel les insectes ont une place de choix. Ces modèles semblent toutefois être des prototypes, la taille impressionnante ne facilitait pas le passage dans la boutonnière !




Coupe papier, auteur anonyme, XIXe siècle, nacre blanche

L’usine de boutons Guérault-Lemarinier, installée à Andeville depuis 1904, réalisait également des objets de tabletterie comme ce coupe-papier. Cet objet, qui se veut aussi utile que beau, a été taillé dans une huître perlière blanche dont la nacre était très appréciée pour ses reflets. Le manche est décoré d’une fine sculpture ajourée aux motifs floraux. Notons également la technicité de l’ouvrage qui, malgré sa taille importante (une vingtaine de centimètres) a été découpé dans un seul et même morceau de coquillage. Une prouesse ! Ces objets étaient réalisés par les tabletiers pour être vendus comme cadeaux.





Peigne, premier quart du XXe siècle, écaille brune

Depuis la convention de Washington, dite CITES, de 1973, l’utilisation de l’écaille de tortue en tabletterie est interdite. Cependant, durant l’entre-deux-guerres notamment, elle connaît un grand succès dans la mode et l’art décoratif. Elle se décline en de nombreux accessoires : lunettes, boutons, bijoux, éventails, porte-plume, manches de parapluie, porte-monnaie, fume-cigarette …

Chez les peigniers également, l’écaille reste une valeur sûre. En effet, outre son esthétique unique reconnaissable à sa transparence ambrée et à ses jaspures, cette matière se caractérise aussi par ses qualités antistatiques ! Voilà de quoi faire rêver de nombreux coiffeurs !




Fume-cigarette, Oise, première moitié du XXe siècle, nacre blanche et étui

Au début du XXe siècle, les fume-cigarettes sont des accessoires très prisés en particulier par les femmes. En effet il permet de fumer en évitant le contact de la cigarette avec les doigts. Le cinéma des années 1950 le mettra particulièrement à l’honneur.

Ce modèle est en nacre blanche gravé de motifs végétaux. Il s’agit d’un exemple de luxe que l’on trouvait également en ivoire ou en écaille de tortue, parfois associés à des matériaux de joaillerie. L’arrivée des plastiques permettra aussi la réalisation de ces objets en bakélite principalement, permettant de multiplier les couleurs.

Les tabletiers réalisent de nombreux autres accessoires pour les fumeurs, comme des étuis à cigarettes, des briquets à mèche ou encore des coupe-cigares.




Georges Bastard (1881-1939), boîte, Paris, premier tiers du XXe siècle, loupe d’amboine. Signé au revers du monogramme de l’artiste

Originaire d’Andeville, Georges Bastard est sans doute l’un des plus grands tabletiers du début du siècle. Il imagine des objets variés que l’on retrouve dans les grands salons d’artistes décorateurs du début du siècle. Appréciant l’esthétique naturelle de la nacre, la corne, l’ivoire ou les bois précieux, il sculpte les matières dans leur masse, révélant ainsi les coloris qui les caractérisent.

Pour cette boîte, Georges Bastard a choisi la loupe d’amboine, un des bois précieux les plus appréciés en ébénisterie dont les veines forment des nœuds riches. Le décor de la boîte se concentre sur le couvercle, laqué, où l’on distingue un motif de vagues qui rappelle l’influence asiatique. Ici, nul besoin de motifs décoratifs saillants, Georges Bastard présente une composition simple qui met en valeur les effets de matière et de couleur.




1/2 Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), nécessaire de voyage, entre 1809 et 1819, acajou et bois divers, ivoire, écaille, nacre, vermeil, argent et laiton, cristal

Ce coffret est une véritable œuvre d’art et d’ingéniosité. Son concepteur est Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), tabletier de formation, qui profite de l’abolition des corporations au moment de la Révolution pour devenir orfèvre. Ce choix judicieux lui permet de développer ses productions.

Il se fait connaître au moment du Consulat (1799-1804) en fournissant en particulier le jeune général Bonaparte qui installe sa maison à Paris. Le Premier Empire (1804-1815) lui permet de devenir orfèvre de l’Empereur et de livrer la cour mais également les cours étrangères installées par Napoléon au gré de ses conquêtes.

Ce nécessaire correspond au besoin d’emporter avec soi tous les objets utiles au quotidien. Objets de toilette, d’écriture, de table ou de soins sont rassemblés dans un minimum d’espace. Les campagnes militaires incessantes de Napoléon et le goût pour les objets riches et utiles permettent ainsi le développement de ce type de coffrets.




2/2 Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), nécessaire de voyage, entre 1809 et 1819, acajou et bois divers, ivoire, écaille, nacre, vermeil, argent et laiton, cristal

La recherche d’optimisation de l’espace est au cœur du travail de tabletier. Il faut en effet placer le plus d’ustensiles possibles tout en veillant à ce que rien ne bouge pendant le transport. Ce nécessaire renferme quatre plateaux amovibles dans lesquels sont formés des espaces au profil des objets. Chaque ustensile a donc sa place.

Dans le premier plateau les riches boîtes à poudre ou éponge en vermeil ciselées de frises végétales ainsi que des flacons de cristal taillé et un encrier. Ce plateau, profond, est placé dans le bassin à barbe en vermeil qui permettait de se raser, devant un miroir caché dans le couvercle du coffret.

Sous le bassin deux plateaux superposés contiennent un porte-plume, une brosse à dents, des peignes, des étuis, porte-aiguilles, ciseaux et même un petit tire-bouchon ! Enfin le quatrième plateau permettait de ranger des Francs d’or ou d’argent… malheureusement disparus !