Les bijoux
Pendentif Libellule
Ce pendentif circulaire d’un diamètre de presque 6 cm, est sculpté dans la corne blonde, un des matériaux de prédilection des tabletiers. L’anneau qui le reliait antérieurement à une chaîne, est en argent.
Pour cette pièce, René Lalique met en valeur le vocabulaire naturaliste de l’Art Nouveau dont il est une des figures majeures, en choisissant la libellule. L’insecte est vu de dessus circonscrit d’un vocabulaire végétal et floral. La forme du médaillon ajouré fait naître un discret ruban circulaire qui encadre la scène pour mieux la mettre en valeur. Gravée et sculptée en bas relief, l’ornementation du médaillon fourmille de détails. Les ailes de la libellule positionnées en croix et dont les extrémités dépassent du cadre, ajoutent du dynamisme à la composition générale. Le traitement de l’animal et du végétal reflète la recherche de naturalisme de l’artiste.
Le bijou est signé « R. Lalique » au dos et ne semble présenter aucun accident. La signature est cependant peu visible. En général noircie elle n’est ici que simplement gravée dans la matière.
Les multiples créations largement inspirées de la faune, de la flore et des figures féminines, amènent René Lalique à devenir un des piliers de l’Art Nouveau en France. Il explore ce mouvement dans le domaine du verre et surtout, du bijou.
Surnommé « l’inventeur du bijou moderne » par son confrère Émile Gallé (1846-1904), il modernise les parures en y introduisant notamment des matières peu communes dans cette discipline, comme le verre, l’ivoire ou la corne.
Bien que d’une grande sobriété relativement à ses autres créations dans la matière, ce pendentif illustre parfaitement la maîtrise de René Lalique des matières du tabletier. Cette production souligne les liens étroits qui rassemblent alors les arts décoratifs et la tabletterie. En effet les différentes expositions et salons de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle présentent de nombreux objets mettant en valeur ces matières. Corne, os, nacre, ivoire et écaille deviennent des matériaux de prédilection pour les bijoutiers dont Lalique fut sans conteste le maître.