Les coquillages

« Éruption du Vésuve, la fuite »

  • Matériau

    Cassis Madagascariensis
  • Dimensions

    Largeur : 15 cm; Hauteur : 20 cm; Epaisseur : 14 cm
  • Provenance

    Naples (Italie)
  • Numéro inventaire

    2020.19.1

Ce coquillage mesure entre 15 et 20 centimètres. Sa forme, sa taille et son coloris corail pâle semblent indiquer qu’il s’agit d’un Cassis madagascariensis, de la famille des Cassidae. Il s’agit de la coquille la plus réputée pour la taille des camées sur coquillage.

Tout comme la glyptique, le camée est une technique de gravure en positif ou négatif sur un matériau dur. À l’aide de pointes, le sculpteur taille dans l’épaisseur de la matière et fait ressortir les reliefs du motif en jouant avec les différentes strates colorées du matériau. L’art du camée sur pierre est ancien alors que celui sur coquillage, moins onéreux en raison de la matière tendre, ne verrait le jour qu’à partir de la Renaissance.

Si plusieurs centres de création apparaissent en Europe, c’est en Italie avec les villes de Naples, Florence et Rome que domine la discipline. Aujourd’hui, les musées d’entreprise Liverino consacré au corail et aux camées à Torre del Greco et celui d’Ascione à Naples conservent de beaux exemplaires de cette pratique artistique bien connue dans la baie de Naples.

Le début du XIXe siècle est caractérisé par l’engouement pour les antiques marquant le retour du camée comme objet décoratif ou comme parure. Cette œuvre a sans doute été réalisée durant cette période dans la région de Naples. Facilement transportable et moins onéreux que les métaux précieux, le camée devient rapidement un objet souvenir des voyages en baie de Naples, tout comme le corail.

Le décor illustre le départ, visiblement précipité, d’un important groupe de personnages. Ce voyage semble soudain car la charrette est bondée de quatorze protagonistes de tous âges, serrés les uns contre les autres. Ils laissent derrière eux d’autres personnages restant sur le bas-côté, faute de ne pouvoir monter à bord du véhicule. D’après le volcan fumant représenté sur la partie gauche de la scène, il semble s’agir d’une fuite de suite à une éruption du Vésuve. Les individus fuyant la catastrophe sont habillés à la mode du XIXe siècle, plusieurs possèdent les habits traditionnels des pêcheurs napolitains, portant le bonnet caractéristique. Les éruptions furent nombreuses en dehors de celle de 79. On note celle de 1631 qui fut particulièrement violente, ou celle de 1872 particulièrement impressionnante. Il semble donc tout à fait opportun de trouver un lien entre le lieu de fabrication de l’objet et une iconographie populaire que l’on retrouve sur d’autres exemplaires.